Faut-il peindre le placo avant de carreler : l’impact du type de carrelage sur la préparation
Poser du carrelage sur du placo représente une étape délicate dans vos travaux de rénovation ou de construction. La qualité du support conditionne directement la durabilité de votre carrelage mural ou au sol. Contrairement à une idée reçue, peindre le placo avant de carreler constitue une erreur fréquente qui compromet l'adhérence de la colle et peut provoquer le décollement des carreaux. La préparation du support varie considérablement selon le type de carrelage choisi, son poids et l'environnement dans lequel il sera posé.
Les spécificités du placo comme support de carrelage
Comprendre la porosité et l'absorption du plâtre
Le placo présente une structure poreuse qui influence directement l'adhérence du mortier-colle. Cette porosité permet au matériau d'absorber une partie de l'eau contenue dans la colle, favorisant ainsi une accroche mécanique naturelle. Cependant, cette caractéristique peut également constituer un inconvénient si elle n'est pas maîtrisée, notamment en zone humide où l'humidité peut pénétrer durablement dans les panneaux. Le placo hydrofuge devient alors indispensable dans les salles de bain, les cuisines ou les zones de douche, car il résiste mieux à l'exposition prolongée à l'eau. La norme NF DTU 25.41 précise d'ailleurs que le taux d'humidité du support doit rester inférieur à 5% avant toute intervention de finition. Cette porosité naturelle explique pourquoi l'application d'un primaire d'accrochage devient nécessaire : il régule l'absorption du support et crée une interface optimale entre le placo et le mortier-colle.
Les risques liés à un support non traité
Lorsque le placo n'est pas correctement préparé, plusieurs problèmes peuvent survenir. Une surface trop lisse, comme celle créée par une peinture de finition, empêche la colle de pénétrer suffisamment pour assurer une adhérence durable. Les carreaux risquent alors de se décoller progressivement, particulièrement en zone humide où les variations hygrométriques accentuent ce phénomène. À l'inverse, un support trop poreux ou poussiéreux absorbe excessivement l'eau du mortier-colle, ce qui fragilise la liaison et peut entraîner des décollements ou des fissures dans les joints. Sans traitement adapté, les défauts de planéité deviennent également problématiques : les irrégularités, même minimes, se répercutent sur l'alignement des carreaux et compliquent la pose. Dans les zones exposées à l'eau, l'absence d'un système de protection à l'eau sous carrelage peut provoquer des infiltrations qui dégradent progressivement le placo et compromettent l'étanchéité de l'ensemble.
Adapter la préparation selon le type de carrelage choisi
Carrelage mural léger versus carrelage lourd au sol
Le type de carrelage influence directement les exigences de préparation du support. Un carrelage mural léger, composé de faïence fine, exerce une faible charge sur le placo et ne nécessite généralement qu'une préparation standard avec primaire d'accrochage. En revanche, un carrelage lourd destiné au sol ou composé de grands formats impose des contraintes bien plus importantes. Le poids des carreaux sollicite davantage l'adhérence de la colle et requiert l'utilisation d'un mortier-colle de classe C2 ou C2TE, spécifiquement conçu pour résister aux charges élevées et aux contraintes mécaniques. Dans ce cas, la préparation du placo doit être irréprochable : le support doit présenter une planéité parfaite, une propreté absolue après dépoussiérage et une rugosité suffisante pour garantir l'accroche. Le DTU 52.2 encadre ces pratiques et recommande un test d'adhérence avant la pose définitive, particulièrement lorsque le poids des carreaux dépasse les standards habituels.

L'influence du format et du poids des carreaux
Le format des carreaux modifie également la stratégie de préparation. Les grands formats, désormais très prisés pour leur esthétique contemporaine, nécessitent une surface parfaitement plane pour éviter tout déséquilibre ou point de tension qui pourrait provoquer une fissure. Ces carreaux de grande taille exercent une pression inégale sur le support, ce qui accentue l'importance d'une application homogène du mortier-colle et d'un support stable. Le poids cumulé de ces éléments impose également un temps de séchage prolongé, généralement de 24 heures après l'application du primaire d'accrochage, et jusqu'à 7 à 14 jours avant toute intervention de peinture finale ou de finition des joints. Pour les petits formats, plus légers et plus faciles à manipuler, la préparation peut être légèrement simplifiée, mais elle ne doit jamais négliger les étapes de nettoyage et de traitement du support, surtout en zone humide où le risque d'infiltration reste présent.
Solutions techniques pour préparer correctement votre placo
L'application d'un primaire d'accrochage adapté
Le primaire d'accrochage constitue la solution technique privilégiée pour préparer le placo avant la pose de carrelage. Ce produit spécifique crée une couche intermédiaire qui régule la porosité du support, améliore l'adhérence du mortier-colle et stabilise la surface. Son application au rouleau doit être uniforme et généreuse, en respectant scrupuleusement les préconisations du fabricant. Le temps de séchage, généralement de 24 heures, ne doit jamais être raccourci pour garantir une polymérisation complète. Dans les zones sèches comme un salon ou une chambre, un primaire d'accrochage standard suffit, mais en zone humide, il convient de choisir un primaire compatible avec un système de protection à l'eau. Pour les surfaces déjà peintes, le protocole change : il faut d'abord lessiver le mur, puis poncer la peinture avec un papier de verre à gros grain, de type 60 ou 80, pour créer une rugosité suffisante. Après un dépoussiérage minutieux, l'application d'un primaire d'accrochage spécial pour supports fermés devient indispensable avant la pose du carrelage.
Les alternatives à la peinture pour garantir l'adhérence
Au-delà du primaire d'accrochage, d'autres solutions techniques existent pour garantir une adhérence optimale. Le système de protection à l'eau sous carrelage, ou SPEC, s'impose dans les zones exposées à l'humidité comme les douches, les contours de baignoire ou les crédences de cuisine. Ce dispositif crée une barrière étanche qui protège le placo des infiltrations tout en assurant une base d'accrochage solide pour le mortier-colle. Les panneaux prêts-à-carreler représentent également une alternative efficace en salle de bain : ces supports spécifiques intègrent déjà une protection hydrofuge et une surface optimisée pour la pose de carrelage, simplifiant ainsi le processus de préparation. Dans tous les cas, il convient de respecter les normes DTU 25.41 et DTU 60.11 qui encadrent l'étanchéité et l'application de ces systèmes. Le rebouchage des défauts avec un enduit adapté, suivi d'un ponçage léger et d'un dépoussiérage rigoureux, complète la préparation. Avant la pose définitive, un test d'adhérence reste recommandé : si la colle se détache facilement après séchage, le support n'est pas prêt et nécessite une nouvelle intervention.


